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Mardi 17 mars 2009 2 17 /03 /Mars /2009 02:58

L'heure est venue. L'heure n'est plus.
Il est temps pour moi de vous dire au-revoir. Il est temps pour moi d'arrêter d'écrire et de m'en aller.


Il s'est écoulé un mois depuis le dernier article.
Je rassure toutes les personnes inquiètes, je suis en pleine santé.
Tous les doutes sont écartés.

Le choc m'a simplement fait comprendre beaucoup de choses.



Aujourd'hui j'ai rencontré un garçon de mon âge.
Le premier qui m'apporte énormément de choses et qui à su me surprendre.
Depuis quelques semaines....
Ma vie à pris un nouveau tournant.
Il est arrivé une chose en laquelle je ne croyais plus.

Celle de tomber amoureux à en avoir des papillons dans le ventre.
Au plaisir de s'endormir contre l'épaule d'un garçon dans l'apaisement le plus total.
Celle de ressentir du bonheur de se réveiller contre lui.
D'être fier de marcher à ces côtés dans la rue.
Celle de ne plus se poser des questions.
De ne plus laisser de place aux doutes.

Aujourd'hui je fais le choix d'arrêter ce blog parce que je ne ressens plus le besoin d'écrire.
J'ai clairement identifier les points de ma vie sur lesquels je devais faire un effort.
Les derniers évènements ont été comme une révélation.

Aujourd'hui je fais le choix d'appréhender ma vie différemment.
De ne plus exposer mes craintes ou mes sentiments via un écran d'ordinateur,
mais face à ceux que j'aime.
De leur ouvrir mon coeur.
Tant pis si je me sens nu face à eux.

Aujourd'hui j'ai envie de me lancer de nouveaux défis.
Je veux que mon visage redevienne anonyme face aux anonymes.
Je ne veux plus que l'on me reconnaisse.

Je veux choisir.
Choisir en âme et conscience.
Choisir d'être heureux.
Choisir chaque seconde. Chaque minute de ma vie.


Je voulais saluer, ici, quelques bloggueurs, quelques lecteurs, rencontrés ou non.
Pas besoin d'éloges, ils se reconnaitrons.
Merci de m'avoir accompagné ici.
Merci d'avoir échangé.

Aujourd'hui, le blog Agitateur d'hommes s'arrête car il ne correspond plus à ce que j'ai envie de construire.
Aujourd'hui commence une nouvelle vie.... qui est issue d'un long questionnement après six mois.
Aujourd'hui je suis prêt. Comme jamais.

J'aurais voulu vous dire tant de choses.
Je crois qu'il est préférable de clôturer cet article dans la simplicité.


Je vous embrasse.




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Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 00:06




Le jour de la Saint-Valentin était là. Impossible de le fuir. Impossible de nier l'évidence et de de cacher la tête sous la couette pour laisser ce jour à ceux qui croyaient encore en l'amour. Je me rappellerais du 14 février 2009 toute ma vie. Il fallait prendre les clés du magasin et ouvrir l'immense rideau de fer. Derrière la grille se tenait la vitrine que j'avais tant mis de temps à décorer. Du papier de soie rouge sang, des coeurs, du chocolat et une profusion de pétales de roses. La vitrine me frappait en plein visage un peu comme si elle me disait : tu es trop égoïste pour connaître la vraie signification du mot aimer". J'avais envie de lui répondre en frappant contre la vitre : "Comment peut on connaître ce qu'est l'amour lorsqu'enfant on ne nous l'a jamais montré". Cette journée s'annonçait des plus morose, mais cela n'empêcha pas qu'on me complimenta encore et encore. Je portais un pantalon à pinces, de belles chaussures cirées, une chemise noire cintrée et d'une cravate en soie. Un petit gilets col en V venait terminer le tout, et je m'efforçais d'avoir le plus beau sourire de tous les vendeurs. Mes premières ventes furent bonnes, et mes doigts glissèrent toute la matinée sous les papiers cadeaux. Petit à petit je me laissait prendre au jeu et j'y rêvais moi aussi ... à l'amour. En regardant à travers  la vitrine je me surprenais à penser que peut être le garçon de mes rêves allait entrer dans le magasin. Peut être allais-je croiser sa route ? Je souriais bêtement. Je ne le savais pas encore. Cette foutue vie, est pleine de surprises.

Je parcourais mon répertoire téléphonique à ma pause déjeuner, faisant défiler les prénoms sous la pression de mes doigts. J'avais un carnet d'adresse à n'en plus finir, je n'avais jamais vraiment fait attention. J'envoyais quelques petits messages chargé de "fausse bonne humeur" à mes contacts, leur souhaitant que cupidon ne les lâche jamais. Mon regard s'arrêta sur celui de Denis. Un de mes ex-amants avec lesquels j'avais entretenus des rapports suivi et passionnels depuis près d'un an et demi. Cela faisait plusieurs mois que je n'avais pas eu de ses nouvelles, il n'avait répondu à aucun de mes messages depuis bien longtemps. Cela m'intriguait. Il était certes marié et avait une vie de famille, mais je m'étonnais de son silence. Je finis par lui envoyer un message un peu moins charmant qu'aux autres en lui disant qu'il suffisait qu'il me donne la raison de son silence pour que je le laisse tranquille.

La journée repris de plus belle au magasin. Les clients, le sourire béat aux lèvres entraient en flot continu. J'allais en venait, renseignait, repartait... vendait. On ne pouvait presque plus bouger dans le magasin. Les habitués me saluaient, et me félicitaient pour ma vitrine en me souhaitant de passer une bonne journée. Je vis, ceux que j'affectionnais le plus, celui qui depuis le premier jour de travail... badait particulièrement. Venait il acheter un cadeau pour son copain ?  Etait-il toujours avec lui ? Bien vite, mon attention était détournée par la sonnerie de mon téléphone portable. Je venais de recevoir un texto. Quand je vis l'expéditeur : Denis... j'appuyais sur la touche "consulter".

En appuyant sur la touche du téléphone, c'est tout à coup comme si je venais de tirer sur la gâchette d'un pistolet... bout portant sur la tempe. Mon sang me vient tout d'abord au visage me brûlant les joues, puis sembla quitter mon corps. Mes collègues n'eurent pas le temps de me rattraper, il était trop tard. J'entendais au loin des voix sourdes et des bruits de pas. Ma tête frappa de plein fouet le sol du magasin. Quand mon front heurta le sol je crus qu'il venait de se fendre en mille morceaux puis je n'entendit plus que le tambourinement de mon coeur dans ma poitrine. Le noir le plus total. Je ne voyais plus rien. Puis je n'entendit plus rien. Quand j'ouvrais les yeux quelques minutes plus tard, on me demandait affolés si tout allait bien... Le message que j'avais lu quelques minutes plus tôt sur mon portable me revint en tête :

"Désolé de ne plus t'avoir donné de nouvelles, tu veux une réponse, alors je vais être franc avec toi. J'ai appris en début d'année que j'étais séropositif. Tu devrais faire un test"


La panique ne me quitta plus.

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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /Mars /2009 09:22




La rencontre était imminente. Je l'attendais assis à la terrasse d'un café proche de chez moi. C'était une belle journée, le soleil semblait vouloir être de la partie. Je l'ai vu arriver de loin. Il était grand, brun, et la carrure de ses épaules était impressionnante. Son regard vert émeraude me fixait, un sourire au coin des lèvres je lui fis signe de venir s'asseoir à ma table.

Philippe.


Malgré tout ce que j'avais pu remuer en moi la semaine passée, je ne pouvais me résigner à me donner raison. Après tout, l'âge n'avait aucune importance. Je ne cherchais pas chez les hommes de la quarantaine un père que je n'avais jamais eu.  L'après midi fût agréable. Il me parlait beaucoup de son travail.  Je souriais au fond de moi, en me disant que décidément.... j'allais encore me mettre avec un homme qui porte l'uniforme. Parce que cela aussi.... c'est quelque chose qui me poursuivait... Je crois que tous les corps de métiers ont été approchés maintenant.
J'étais heureux d'être à ces côtés, j'essayais de m'en convaincre du moins, et j'y mettais toute l'énergie possible.

En soirée, il voulu m'inviter au cinéma. Mais quand je vis la file d'attente devant la salle... je décidais de changer de programme. Je l'invitais chez moi. Et forcément... il passa le reste de la nuit dans mon lit.  J'avais cette fois-ci enroulé sous mes draps, le plus bel homme de Marseille. Sa musculature était impressionnante, son dos était un ensemble de courbes venant mourir au creux de ses reins. Ses fesses invitaient aux baisers  et à l'appel de la chair... Bien vite, je ne pouvais me contrôler, il fallait que je goutte à ce dessert d'exception... 

Alors qu'il s'endormait, je ne parviens pas à trouver le sommeil. J'étais encore perdu dans mes pensées et je ne cessais de penser à mes relations... à Enzo... Il y avait quelque chose qui me dérangeait mais je ne savais pas quoi. Le lendemain matin aux aurores, les yeux grands ouverts dans le lit, je n'attendais plus qu"une chose : qu'il se réveille et qu'il parte. Quand il fut partit, après lui avoir promis que je le rappellerais.... je retournais me jeter sous la couette. Une déception immense empli mon coeur. Je pensais que quelque chose allait naître, que le déclic allait se faire dans mon coeur, il était pourtant si beau et si bien foutu;.. rien. Coeur de verre, coeur de pierre.
Je ne ressentait rien, si ce n'est ... que je ne voulait pas le revoir. L'amour... n'était pas fait pour moi. Je ressentis une énorme frustration. De la colère, puis énormément de peine.

J'en revenais donc à mes questionnements. A ce que j'en avais déduis précédemment.
Et si ce genre d'hommes tant convoités auparavant, ne me correspondait plus ?
Et si j'avais réellement compris ?


Les jours passèrent. Au magasin, on me demandait de préparer la vitrine de la saint valentin. C'est avec toute la peine du monde que je préparais une vitrine et mettais en place la décoration. Du rouge, des coeurs, devant les bandeaux se tenant la main deux par deux...
Tout le monde me félicita... la vitrine était magnifique.  Mon coeur extrêmement vide.
Ce jour ne signifiait plus rien.

Les jours passèrent. Complètement morose, je préparais les commandes d'hommes venant offrir à leur compagne des coffrets cadeaux... à chaque feuille de papier soie que je tirais pour préparer les coffrets j'avais un peu plus mal. Je comprenais comme il était important d'avoir quelqu'un à qui penser, mais surtout... que cela faisait bien longtemps que je n'avais plus ressentit quelque chose pour qui que se soit.  Le  14 février était presque là. J'étais bien loin de m'imaginer l'enfer que j'allais vivre ce jour là. Loin de m'imaginer que presque mort.... ma tête allait frapper contre le sol.


Publié dans : IN-OUT Journal 2009
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