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helly013@gmail.com
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Tu quittes l'appartement et j'ai bien l'impression que cette fois-ci se sera la dernière fois que la porte claquera derrière tes pas. Toi que j'ai cru avoir tant aimé dans le passé. Mon coeur ne
connaissait pas encore la souffrance des désillusions.
Tu es réapparut après des années d'absences dans ma vie. Je t'avais oublié, glissé dans un coin de ma tête, parce que la séparation m'avait sans doute fait beaucoup trop mal. Je n'étais qu'un
ado, mais en toi j'avais vu une nouvelle vie se dérouler sous mes pas. Prêt à tout quitter, j'avais sans doute fait le voeux de partir un peu trop vite, comme je l'ai toujours fait. De nos
fous rires, de ton regard et de nos étreintes qui durait jusqu'au petit matin, des larmes de bonheur que tu faisais naître dans mes yeux, bientôt il ne restait plus que la solitude de mon petit
studio. Des matins glacés et des nuits interminables.
Pendant des années, quand on me demandait de parler de mon premier amour, ton visage me revenait. J'en parlais avec des battements dans le coeur, j'avais tellement d'images qui me revenaient. De
tes bras qui me serraient au dessus d'un pont à la tombée de la nuit, de ta bouche qui ne quittait plus mon corps, de mes premiers cris... Je décrivais, l'histoire. La nôtre. Celle qui faisait
partie du passé, mais qui restait une histoire d'amour impossible, un fantasme, une séquence de film que j'aimais nourrir.
Il y a peu tu m'a téléphoné pour m'annoncer que tu n'étais pas très loin. Quand j'ai raccroché j'ai pleuré. Je ne sais pas si c'était de joie, mais il y avait une vague de sentiment qui
m'entourait, pour ne pas dire m'étouffait. Je courrais a ta rencontre, dans une rue, sous un réverbère, à nouveau tu es apparu. Rien n'avait semblé changé. Et pourtant. Les années avaient filées.
J'avais ma vie. Bien rempli. Un homme, un travail, une vie sociale comblée, rien ne me manquait. J'ai vécu la rencontre, comme un premier rendez vous. Je m'étais fait aussi beau que possible,
cela faisait longtemps que je n'avais pas passé autant de temps devant la glace aussi anxieux. Je me suis revu jeune. Les yeux brillants, le coeur solide comme un roc.
Conforté dans l'idée que je n'avais pas idéalisé mon amour de jeunesse, et que la petite flamme brûlait encore un peu après toutes ses années, je t'ai laissé partir, tu me promettais de revenir
me voir bientôt.
Et puis il y a quelques semaines, deux mois après, la rencontre bien moins romantique s'est reproduite à nouveau. Un café à la maison. Ma tête glisse contre toi je crois. Tu caresses mes cheveux.
Nos bouches se frôlent timidement. J'active les volets roulant du bout des doigts. Ma tête se renverse sur le canapé. Le moment est arrivé.
Il est bref, un peu décevant. Parce qu'a ce moment je me rends compte de la pure réalité.
Certains souvenirs reviennent. Très vite j'ai envie que tu partes. Je te le fais ressentir, mais je sais, que toi aussi tu n'as qu'une envie, celle de fuir. Comme finalement tu l'as toujours
fait, et comme je sais le faire si bien maintenant. Tu me propose d'aller manger au restaurant le lendemain "si tu es libre". Je te réponds que oui, mais je sais très bien que ce
moment n'arrivera pas. Ça m'est égal car je n'en ai plus envie. Je sais quand je te raccompagne à la porte que c'est la dernière fois que je te vois.
Il y a un temps pour tout dans la vie. Celui on l'on cherche indéfiniment l'amour, prêt à chutter à chaque instant, perdu dans notre quête effréné. Rien ne semble pouvoir nous empêcher
de courir après. Puis un jour les cicatrices deviennent trop profondes. On a peur de souffrir, on vieillit. On se blinde au détriment de nos sentiments. On devient presque érmétique, on ne pleure
plus que la nuit. On se construit une vie, mais on se promet de ne plus faire les mêmes erreurs. Aujourd'hui commence le blog d'un garçon qui vient de tout perdre en même temps dans sa vie. Après
avoir passé des années à bâtir, sans relâche, il ne reste plus qu'un champs vide, de nombreuses tranchées ou les bombes viennent fraîchement de tomber. C'est fou comme en quelques jours, une vie
entière peu basculer...
Bienvenue dans la vie chaotique et bouleversée, d'un échauffé.
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