En sortant de ma réunion d'intégration aujourd'hui, j'avais le coeur léger. Mon équipe vient de m'être présentée.
Je crois que je vais me plaire dans mon nouveau travail. J'avais des doutes quand j'ai accepté la proposition il y a deux semaines, aujourd'hui beaucoup moins. J'aime le mode de vie, et la
mentalité des gens qui y sont présents. J'aime le quartier de l'opéra, les gens un peu "branchés" qui y marchent dans les rues. J'aime savoir que je n'ai qu'a tourner la tête pour regarder se
lever le soleil sur le Port le matin. J'aime déjà beaucoup de choses. Les objectifs, la pression et le stress me semblent si loin maintenant. Quand j'y réfléchis, je me suis battu des années non
pas pour faire reconnaître la qualité de mon travail mais pour survivre aux côtés de "grosses vaches galeuses" jalouses.
4 mois ont passés.
4 mois comme un sursis
J'apprends tout d'abord que mon ancien blog à été lu à mon ancien travail et que l'on s'en est servi pour me faire
tomber au moment fatidique. Quand j'apprends la nouvelle, je suis anéanti, mais surtout franchement écoeuré. Une semaine après je décide de tout quitter. Je lâche six années, avec un pincement au
coeur mais avec l'immense soulagement de quitter aussi des traîtres qui n'osent même plus croiser mon regard.
Quelques semaines après ma formation et ma candidature à la formation de Steeward est acceptée. Je vais réaliser mon
rêve. Les idéaux sont de courte durée. Une réforme Européenne demande à toutes les écoles d'être agrementées. Mon école ne valide pas les conditions... La formation est repoussée de minimum
trois mois. Rien ne semble vouloir se mettre en marche.
Deux jours après cette nouvelle alors qu'un travail de collaboration pour un éditeur m'est proposé pour essayer de
transcrire mon ancien blog en roman, je reçois une convoquation au commissariat de Police. Ma responsable à porté plainte par rapport à mes écrits vindicatifs à son sujet sur mon blog. Un
bras de fer s'engage, je reconnais avoir eu tord, et ne pas avoir pu m'imaginer qu'un jour mon blog aurait été lu par 300 000 lecteurs jusqu'au point de tomber dans les mains de gens que je
connais. J'admets avoir fauté, mais dément avoir voulu "tuer" ma chef.
Difficile de se relever après ce coup de massue sur la tête. Et pourtant, il le faut.
Deux semaines après que l'affaire soit classée, je me dis qu'enfin je vais pouvoir prendre le temps de souffler et
penser à moi. Le destin en a décidé autrement. Enzo et moi nous nous quittons après six ans de vie commune. En quelques minutes tout semble voler en éclats.
Une semaine après notre décision, je trouve un appartement, et me bat pour l'obtenir car je n'ai plus de travail... Je ne relâche à aucun moment mes efforts.
Depuis, il s'enchaine encore beaucoup de choses. Mon école de steeward à mis définitivement la clé sous la porte
arnaquant des centaines d'élèves. Je viens de trouver un nouveau travail qui me plaira mais ne me permettra plus d'avoir une vie de princesse. Mais je préfère être un garçon modeste à la
princesse tourmentée.... J'ai rencontré d'enormes soucis administratifs pour percevoir mes indemnités, mais Enzo ne m'a pas laissé tomber. Il y a mes amis qui eux, heureusement ne changent
pas. Il y a Monsieur S à qui je fais une toute petite place, mais je ne sais pas combien de temps il s'en contentera. Il y a ma mère qui vient de tomber malade...
Il me reste encore quelques points à régler. Chaque jour les petites victoires qui se cumulent, feront de moi un homme
heureux j'en suis sûr. Même si le passé refait surface souvent et me perturbe encore aujourd'hui, je me sens de plus en plus en accord avec moi même et honnête... La liberté n'a pas de prix, mais
les choix qui y sont rattachés sont parfois torturants, traumatisants. Prendre autant de risques fait avancer. Moi qui ne supporte pas la routine me voilà comblé.
Il me faut être patient. En même temps, quand je pense qu'en 4 mois je me suis battu contre toutes ses choses, et que je
suis toujours debout .... j'ai le droit de douter en l'avenir, mais plus en moi...
Réactions agitées