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Réactions agitées

Images Aléatoires

Dimanche 22 février 2009

Samedi 31 janvier, je troquais un week-end habituel Marseillais contre une folle nuit à la  Villa Rouge de Montpellier. Dans la voiture en compagnie de Pocky je sentais mon coeur se vider au fil des kilomètres qui m'éloignait de Marseille. J'étais heureux, de me dire que le temps d'un instant nous allions évoluer sur un terrain inconnu. Pendant que je regardais à travers la fenêtre les lumières de la ville disparaître dans le rétro je me promettais presque sonnelenement de ne penser qu'a m'amuser et faire le vide. Après quelques détours, et malgré mon GPS qui annonçait de tourner à droite sur une ligne d'autoroute, nous avons fini par  trouver notre hôtel. Nous ne le savions pas encore, mais se serait le lieu de tous les vices cette nuit là. Pocky, Chris et moi prenons possession de la chambre, débouchons la bouteille de Vodka et quelques cigarettes. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai apprécié ce moment. Seuls, en lieux inconnus, c'est presque comme s'il fallait que l'on se donne du courage. Mais nos détours incessants pour arriver à l'hôtel ne nous ont pas laissé beaucoup de temps. Un couple d'amies arrivaient elles aussi à l'hôtel avec un garçon que je ne connaissais pas. Coïncidence, la chambre qu'elles avaient réservé se trouvait juste en face de la notre. Après les embrassades et la présentation de leur ami Jim, il était temps de passer aux choses sérieuses : il fallait que l'on montre aux garçons de la Villa Rouge comment on "agite les coeurs et le reste...". 

Après avoir joué des coudes sous la pluie, la Villa nous accueille avec toute la splendeur que je peux lui trouver. Le bar central est surplombé d'un podium ou déjà dansent des hommes torse nu.  De part et d'autres suspendues au dessus du bar d'immenses branches s'étendent dans le vide. Elle sont recouvertes de lampions et de neige... Une immense statue les mains jointes semble surveiller nos faits et gestes dans un arrière plant illuminée rouge sang. Le sensation est limite oppressante, son regard me toise, et je sais déjà que je vais prendre un malin plaisir à la narguer. La musique pulse déjà dans mon coeur, elle glisse avec les derniers traits de Vodka dans mon sang. L'inhibition n'est plus très loin. 
Des projecteurs quadrillent la boite de nuit; leur ballet incessant au dessus de nos têtes me donnent l'impression d'être dans une scène de Queer As Folk. Irréaliste. Les bras se lèvent et les corps se cherchent sans retenues. Chaque effleurement de peau des garçons que je croise provoque une étincelle, un frisson dans ce qu'il reste de mon coeur trop froid. 

Nous prenons place dans le carré, assis sur des fauteuils en velours rouge ou des "putaines"  sautent dessus habillé en  D&G,  elles me font rire. Les lettres VIP scintillent au dessus de nos têtes, dans nos yeux l'ivresse. Nous nous melons à la foule. Dansons toute la nuit sous les canons à neige. Une pluie de paillettes recouvre nos corps. Nos cheveux et nos cils brillent, les mains se cherchent sous l'incessant jeux de lumières. Jeu de regards et de lèvres entrouvertes. Les garçons de Montpellier sont certainement les plus beaux et les plus envoûtants... ce soir là dans leur regard je lis énormément de chose mais ne m'accorde que quelques  danses collées  sur le podium avec un soit disant "hétéro" dont le déhanchement du bassin invite à approfondir le mystère...

La nuit se termine comme ça, à danser jusqu'à ce que les projecteurs s'éteignent sur le Podium, verre de Vodka et cigarettes à la main...  Le chemin du retour vers l'hôtel est extremement brumeux. Les filles et Jim viennent dans notre chambre pour finir la deuxième bouteille... avec quelques cigarettes spéciales... Commence alors des fous rires incontrôlables.. je me sens bien... forcément j'ai un peu chargé... Il y a dans mes rires, un écho qui me fait chaud au coeur. Je vis. Comme je peux. Je ris sans lui. Les regards doucement se vident de ce qui nous restait d'énergie et d'envie. Les têtes se posent les unes contre les autres. C'est finalement vers 9 heures du matin que le programme de la nuit est un peu chamboulé. Pocky qui devait dormir avec moi se retrouve sur le lit superposé... et moi... au lit avec deux garçons juste en dessous. Les autres filles regagnent leur chambre.

Jim vient se blottir contre moi alors je le prends dans mes bras et colle ma bouche dans son cou. Sa main glisse doucement... mes lèvres se pincent. Il se retourne. Nos bouches se cherchent. Ses lèvres sont charnues et humide. Elle glisse dans mon cou,  le moment est ultra sensuel... excitant... Dans le noir essayant de respecter le silence... j'ai du mal à retenir mes soupirs. Quand sa langue rejoint enfin la mienne, j'y découvre un piercing. Ma première fois. Pas désagréable, et contre toute attente  je me laisse tenter au jeu. Pendant une petite heure... s'enchaîneront avec Jim de tendres câlins.

Nous allions bien vite être interrompus. Dans les couloirs des voix se font entendre.
Des cris. Des plaintes.
Puis des points qui frappent contre la porte.

A cet instant précis, Pocky, Chris, Jim et Moi étions bien loin de nous imaginer ce qui nous attendait derrière la porte....












Publié dans : IN-OUT Journal 2009
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