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helly013@gmail.com
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Si j'avais pensé une seule seconde que poser mes lèvres contre les siennes allait remettre autant de choses en questions, sans doute ne me serait ce jamais lancé. J'aurais fuis. Fuis ce que j'ai
sans doute fait toute ma vie.
Et tandis que ma langue tournait autour de la sienne, un flot continu d'images défilait dans ma tête. Dans cette chambre d'hôtel, pourquoi lui, pourquoi toutes ces sensations tremblantes jusqu'au
fond de mon coeur ?
Mes questions s'arrêtaient bien vite. De l'autre côté de la porte de notre chambre un homme tambourinait poing battant en hurlant. Après quelques secondes d'étonnement, Chris finit par ouvrir la
porte.
Un homme les mains sur les hanches aurait pu nous nous tuer tous les quatre en même temps tellement ses yeux nous lançait des flammes. Il se présentait comme le responsable de l'hôtel.
"Vous avez 10 minutes pour quitter la chambre sinon j'appelle la police"
Devant nos regards interrogatifs il s'empressa de rajouter :
"Vous avez foutu un bordel monumental dans les couloirs, l'étage complet à demander à se faire rembourser leur nuit ce matin, je ne vous dit pas l'émeute !"
Une discussion s'engage entre Chris et le Gérant, pendant que Pocky et moi ne pensons déjà plus qu'a une chose.... prendre la poudre d'escampette. Me reviens alors des images en tête :
Pocky, musique à fond, qui a 7 heures du matin chante au milieu de la chambre debout sur une chaise Dalida : "Moi je veux u sur scène"... Je repense à mon salto arrière contre la porte
de la chambre en voulant retirer les chaussures de Jim, à nos aller retour dans les couloirs... Bien trop imbibé encore pour prendre un air aussi consterné que le gérant... j'ai le fou rire...
qui ne passe pas.
10 minutes plus tard, nous sommes chacun en train d'essayer de rassembler nos affaires.... prenant la poudre d'escampette pendant que le gérant nous crie : "Pas la peine de revenir, vous CB sont
bloquées !!!!"
C'est quand nous arrivons dans le hall d'entrée que nous constatons l'étendue des dégâts. Nos voitures lâchées la veille sur le parking sont garées en épis.... bien en dehors des marquages, un
peu comme si les occupants... avaient fuit un ras de marée en catastrophe. Quand les quatre portes eurent claquées.... un fou rire général s'empara de l'habitacle.
Quelques minutes plus tard.... Palavas Les Flots nous accueillait les bras grands ouverts.
Dans les toilettes d'un Mac Do ou nous nous étions pitoyablement réfugiés pour tenter de retrouver une apparence humaine, je racontait en vitesse à Pocky ce qui s'était passé. Elle ne
semblait pas en croire ses oreilles. Effectivement, Jim, est si on peut dire la copie parfaite.... de tout ce que je n'aime pas. (moi)
La journée se passe, sans que Jim et moi ne faisions allusion à ce qui s'était passé. Quand viens le moment de nous quitter à la fin de la journée j'évite que nous nous retrouvions seuls. Pas de
numéro de téléphone, rien. Impossible donc de reprendre directement contact avec... lui. Pathétique technique, mais j'étais bien trop troublé par les pensées que je pouvais ressentir.
La semaine qui suivit fut certainement une des plus rudes. Les sirènes et les projecteurs des dance floor laissent place au silence et aux draps froissés. Ce terrible silence qui vous laisse face
à vous même, sans artifices ni paillettes. Seul face à votre conscience. La première chose que je fis, est de ne plus donner de nouvelles à Joel, mon dernier amant qui m'avait fait comprendre
qu'il aurait bien voulu que notre relation devienne sérieuse. Une question me revenait en tête : Et si je tentais une relation avec un garçon de mon âge ?
Jusqu'à présent, c'est à dire depuis 10 ans, j'ai toujours été persuadé que les hommes plus âgés étaient les seuls à pouvoir me correspondre et m'apporter la stabilité que je recherchais. Et si
je m'étais trompé ? Pourquoi jusqu'à aujourd'hui n'ais-je jamais tenté de me tourner vers quelqu'un de mon age ? Toute la semaine, je m'interrogeais et retournais les questions dans tous les
sens, en faisant part à Pocky, qui à son plus grand étonnement m'écoutait sans rien dire. Nous sommes venus à reparler de Jim, et j'apprenais que ce dernier était en train de se séparer de son
copain, plus âgé que lui, avec qui il vivait depuis 6 ans. Il tentait de préparer un concours pour devenir Steward, et voyageait souvent en Thailande, son pays de coeur. 3 étranges similitudes
avec ma vie et mes aspirations qui ne faisait que renforcer mes doutes, et me conforter dans l'idée, que peut être, même avec un garçon de mon âge, je pourrais trouver des points communs forts
intéressants. A côté de combien de garçons intéressants étais je passé à côté avec pour seul critères bidons de l'âge ? Un frisson de frustration parcouru mon corps. Avais-je fais fausse
route pendant si longtemps ? N'avais je recherché pendant toute ses années chez les hommes plus âgés la souffrance et l'absence de mon père lorsque j'étais enfant ? Pourquoi avais je mis autant
de temps à le comprendre ? Petit à petit, des morceaux de vie vinrent se coller aux autres. L'immense puzzle des souvenirs prenait forme. Je cherchais dans le passé, là ou ça fait mal, là ou je
n'avais pas voulu chercher... Au plus le tableau s'éclaircissait, au plus je pleurais.
Ma relation avec Enzo de 6 ans, ses 10 ans de plus que moi, ses absences répétées liées à son travail, n'avait finalement fait que conforter mes idées. Le schéma du père absent. Puis le sentiment
d'échec lors de notre rupture : celui qu'aucun homme ne pourrait jamais m'aimer, même pas mon propre père.
Quand je découvrais cela. J'étais au fond.
Avant de les comprendre et de les digérer, je me suis laissé totalement couler.
Quelques jours plus tard. Ironie du sort et très certainement avec la plus immense envie de me prouver que j'avais tord je rencontrais Philippe, 42 ans. Grand. Brun. Musclé. Profession :
Policier.
L'histoire semblait se reproduire.
En apparence....
Réactions agitées