La rencontre était imminente. Je l'attendais assis à la terrasse d'un café proche de chez moi. C'était une belle journée, le soleil semblait vouloir être de la partie. Je l'ai vu arriver de loin.
Il était grand, brun, et la carrure de ses épaules était impressionnante. Son regard vert émeraude me fixait, un sourire au coin des lèvres je lui fis signe de venir s'asseoir à ma table.
Philippe.
Malgré tout ce que j'avais pu remuer en moi la semaine passée, je ne pouvais me résigner à me donner raison. Après tout, l'âge n'avait aucune importance. Je ne cherchais pas chez les hommes de la
quarantaine un père que je n'avais jamais eu. L'après midi fût agréable. Il me parlait beaucoup de son travail. Je souriais au fond de moi, en me disant que décidément.... j'allais
encore me mettre avec un homme qui porte l'uniforme. Parce que cela aussi.... c'est quelque chose qui me poursuivait... Je crois que tous les corps de métiers ont été approchés maintenant.
J'étais heureux d'être à ces côtés, j'essayais de m'en convaincre du moins, et j'y mettais toute l'énergie possible.
En soirée, il voulu m'inviter au cinéma. Mais quand je vis la file d'attente devant la salle... je décidais de changer de programme. Je l'invitais chez moi. Et forcément... il passa le reste de
la nuit dans mon lit. J'avais cette fois-ci enroulé sous mes draps, le plus bel homme de Marseille. Sa musculature était impressionnante, son dos était un ensemble de courbes venant mourir
au creux de ses reins. Ses fesses invitaient aux baisers et à l'appel de la chair... Bien vite, je ne pouvais me contrôler, il fallait que je goutte à ce dessert d'exception...
Alors qu'il s'endormait, je ne parviens pas à trouver le sommeil. J'étais encore perdu dans mes pensées et je ne cessais de penser à mes relations... à Enzo... Il y avait quelque chose qui me
dérangeait mais je ne savais pas quoi. Le lendemain matin aux aurores, les yeux grands ouverts dans le lit, je n'attendais plus qu"une chose : qu'il se réveille et qu'il parte. Quand il fut
partit, après lui avoir promis que je le rappellerais.... je retournais me jeter sous la couette. Une déception immense empli mon coeur. Je pensais que quelque chose allait naître, que le déclic
allait se faire dans mon coeur, il était pourtant si beau et si bien foutu;.. rien. Coeur de verre, coeur de pierre.
Je ne ressentait rien, si ce n'est ... que je ne voulait pas le revoir. L'amour... n'était pas fait pour moi. Je ressentis une énorme frustration. De la colère, puis énormément de peine.
J'en revenais donc à mes questionnements. A ce que j'en avais déduis précédemment.
Et si ce genre d'hommes tant convoités auparavant, ne me correspondait plus ?
Et si j'avais réellement compris ?
Les jours passèrent. Au magasin, on me demandait de préparer la vitrine de la saint valentin. C'est avec toute la peine du monde que je préparais une vitrine et mettais en place la décoration. Du
rouge, des coeurs, devant les bandeaux se tenant la main deux par deux...
Tout le monde me félicita... la vitrine était magnifique. Mon coeur extrêmement vide.
Ce jour ne signifiait plus rien.
Les jours passèrent. Complètement morose, je préparais les commandes d'hommes venant offrir à leur compagne des coffrets cadeaux... à chaque feuille de papier soie que je tirais pour préparer les
coffrets j'avais un peu plus mal. Je comprenais comme il était important d'avoir quelqu'un à qui penser, mais surtout... que cela faisait bien longtemps que je n'avais plus ressentit quelque
chose pour qui que se soit. Le 14 février était presque là. J'étais bien loin de m'imaginer l'enfer que j'allais vivre ce jour là. Loin de m'imaginer que presque mort.... ma tête
allait frapper contre le sol.
Samedi 31 janvier, je troquais un week-end habituel Marseillais contre une folle nuit à la
Villa Rouge de Montpellier. Dans la voiture en compagnie de Pocky je sentais mon coeur se vider au fil des kilomètres qui m'éloignait de Marseille. J'étais heureux, de me dire que le temps
d'un instant nous allions évoluer sur un terrain inconnu. Pendant que je regardais à travers la fenêtre les lumières de la ville disparaître dans le rétro je me promettais presque sonnelenement
de ne penser qu'a m'amuser et faire le vide. Après quelques détours, et malgré mon GPS qui annonçait de tourner à droite sur une ligne d'autoroute, nous avons fini par trouver notre hôtel.
Nous ne le savions pas encore, mais se serait le lieu de tous les vices cette nuit là. Pocky, Chris et moi prenons possession de la chambre, débouchons la bouteille de Vodka et quelques
cigarettes. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai apprécié ce moment. Seuls, en lieux inconnus, c'est presque comme s'il fallait que l'on se donne du courage. Mais nos détours incessants pour arriver
à l'hôtel ne nous ont pas laissé beaucoup de temps. Un couple d'amies arrivaient elles aussi à l'hôtel avec un garçon que je ne connaissais pas. Coïncidence, la chambre qu'elles avaient réservé
se trouvait juste en face de la notre. Après les embrassades et la présentation de leur ami Jim, il était temps de passer aux choses sérieuses : il fallait que l'on montre aux garçons de la Villa
Rouge comment on "agite les coeurs et le reste...".

Réactions agitées