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IN-OUT Journal 2009

Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /2009 09:22




La rencontre était imminente. Je l'attendais assis à la terrasse d'un café proche de chez moi. C'était une belle journée, le soleil semblait vouloir être de la partie. Je l'ai vu arriver de loin. Il était grand, brun, et la carrure de ses épaules était impressionnante. Son regard vert émeraude me fixait, un sourire au coin des lèvres je lui fis signe de venir s'asseoir à ma table.

Philippe.


Malgré tout ce que j'avais pu remuer en moi la semaine passée, je ne pouvais me résigner à me donner raison. Après tout, l'âge n'avait aucune importance. Je ne cherchais pas chez les hommes de la quarantaine un père que je n'avais jamais eu.  L'après midi fût agréable. Il me parlait beaucoup de son travail.  Je souriais au fond de moi, en me disant que décidément.... j'allais encore me mettre avec un homme qui porte l'uniforme. Parce que cela aussi.... c'est quelque chose qui me poursuivait... Je crois que tous les corps de métiers ont été approchés maintenant.
J'étais heureux d'être à ces côtés, j'essayais de m'en convaincre du moins, et j'y mettais toute l'énergie possible.

En soirée, il voulu m'inviter au cinéma. Mais quand je vis la file d'attente devant la salle... je décidais de changer de programme. Je l'invitais chez moi. Et forcément... il passa le reste de la nuit dans mon lit.  J'avais cette fois-ci enroulé sous mes draps, le plus bel homme de Marseille. Sa musculature était impressionnante, son dos était un ensemble de courbes venant mourir au creux de ses reins. Ses fesses invitaient aux baisers  et à l'appel de la chair... Bien vite, je ne pouvais me contrôler, il fallait que je goutte à ce dessert d'exception... 

Alors qu'il s'endormait, je ne parviens pas à trouver le sommeil. J'étais encore perdu dans mes pensées et je ne cessais de penser à mes relations... à Enzo... Il y avait quelque chose qui me dérangeait mais je ne savais pas quoi. Le lendemain matin aux aurores, les yeux grands ouverts dans le lit, je n'attendais plus qu"une chose : qu'il se réveille et qu'il parte. Quand il fut partit, après lui avoir promis que je le rappellerais.... je retournais me jeter sous la couette. Une déception immense empli mon coeur. Je pensais que quelque chose allait naître, que le déclic allait se faire dans mon coeur, il était pourtant si beau et si bien foutu;.. rien. Coeur de verre, coeur de pierre.
Je ne ressentait rien, si ce n'est ... que je ne voulait pas le revoir. L'amour... n'était pas fait pour moi. Je ressentis une énorme frustration. De la colère, puis énormément de peine.

J'en revenais donc à mes questionnements. A ce que j'en avais déduis précédemment.
Et si ce genre d'hommes tant convoités auparavant, ne me correspondait plus ?
Et si j'avais réellement compris ?


Les jours passèrent. Au magasin, on me demandait de préparer la vitrine de la saint valentin. C'est avec toute la peine du monde que je préparais une vitrine et mettais en place la décoration. Du rouge, des coeurs, devant les bandeaux se tenant la main deux par deux...
Tout le monde me félicita... la vitrine était magnifique.  Mon coeur extrêmement vide.
Ce jour ne signifiait plus rien.

Les jours passèrent. Complètement morose, je préparais les commandes d'hommes venant offrir à leur compagne des coffrets cadeaux... à chaque feuille de papier soie que je tirais pour préparer les coffrets j'avais un peu plus mal. Je comprenais comme il était important d'avoir quelqu'un à qui penser, mais surtout... que cela faisait bien longtemps que je n'avais plus ressentit quelque chose pour qui que se soit.  Le  14 février était presque là. J'étais bien loin de m'imaginer l'enfer que j'allais vivre ce jour là. Loin de m'imaginer que presque mort.... ma tête allait frapper contre le sol.


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Jeudi 5 mars 2009 4 05 /03 /2009 17:31





Si j'avais pensé une seule seconde que poser mes lèvres contre les siennes allait remettre autant de choses en questions, sans doute ne me serait ce jamais lancé. J'aurais fuis. Fuis ce que j'ai sans doute fait toute ma vie. 
Et tandis que ma langue tournait autour de la sienne, un flot continu d'images défilait dans ma tête. Dans cette chambre d'hôtel, pourquoi lui, pourquoi toutes ces sensations tremblantes jusqu'au fond de mon coeur ? 
Mes questions s'arrêtaient bien vite. De l'autre côté de la porte de notre chambre un homme tambourinait poing battant en hurlant. Après quelques secondes d'étonnement, Chris finit par ouvrir la porte.

Un homme les mains sur les hanches aurait pu nous nous tuer tous les quatre en même temps tellement ses yeux nous lançait des flammes.  Il se présentait comme le responsable de l'hôtel.

"Vous avez 10 minutes pour quitter la chambre sinon j'appelle la police"

Devant nos regards interrogatifs il s'empressa de rajouter :

"Vous avez foutu un bordel monumental dans les couloirs, l'étage complet à demander à se faire rembourser leur nuit ce matin, je ne vous dit pas l'émeute !"


Une discussion s'engage entre Chris et le Gérant, pendant que Pocky et moi ne pensons déjà plus qu'a une chose.... prendre la poudre d'escampette.  Me reviens alors des images en tête : Pocky, musique à fond, qui a 7 heures du matin chante au milieu de la chambre debout sur une chaise Dalida : "Moi je veux u  sur scène"... Je repense à mon salto arrière contre la porte de la chambre en voulant retirer les chaussures de Jim, à nos aller retour dans les couloirs... Bien trop imbibé encore pour prendre un air aussi consterné que le gérant... j'ai le fou rire... qui ne passe pas. 

10 minutes plus tard, nous sommes chacun en train d'essayer de rassembler nos affaires.... prenant la poudre d'escampette pendant que le gérant nous crie : "Pas la peine de revenir, vous CB sont bloquées !!!!"

C'est quand nous arrivons dans le hall d'entrée que nous constatons l'étendue des dégâts. Nos voitures lâchées la veille sur le parking sont garées en épis.... bien en dehors des marquages, un peu comme si les occupants... avaient fuit un ras de marée en catastrophe. Quand les quatre portes eurent claquées.... un fou rire général s'empara de l'habitacle.
Quelques minutes plus tard.... Palavas Les Flots nous accueillait les bras grands ouverts.
Dans les toilettes d'un Mac Do ou nous nous étions pitoyablement réfugiés pour tenter de retrouver une apparence humaine, je racontait en vitesse à Pocky ce qui s'était passé. Elle ne semblait pas en croire ses oreilles. Effectivement, Jim, est si on peut dire la copie parfaite.... de tout ce que je n'aime pas. (moi)

La journée se passe, sans que Jim et moi ne faisions allusion à ce qui s'était passé. Quand viens le moment de nous quitter à la fin de la journée j'évite que nous nous retrouvions seuls. Pas de numéro de téléphone, rien. Impossible donc de reprendre directement contact avec... lui. Pathétique technique, mais j'étais bien trop troublé par les pensées que je pouvais ressentir.


La semaine qui suivit fut certainement une des plus rudes. Les sirènes et les projecteurs des dance floor laissent place au silence et aux draps froissés. Ce terrible silence qui vous laisse face à vous même, sans artifices ni paillettes. Seul face à votre conscience. La première chose que je fis, est de ne plus donner de nouvelles à Joel, mon dernier amant qui m'avait fait comprendre qu'il aurait bien voulu que notre relation devienne sérieuse. Une question me revenait en tête : Et si je tentais une relation avec un garçon de mon âge ?

Jusqu'à présent, c'est à dire depuis 10 ans, j'ai toujours été persuadé que les hommes plus âgés étaient les seuls à pouvoir me correspondre et m'apporter la stabilité que je recherchais. Et si je m'étais trompé ? Pourquoi jusqu'à aujourd'hui n'ais-je jamais tenté de me tourner vers quelqu'un de mon age ? Toute la semaine, je m'interrogeais et retournais les questions dans tous les sens, en faisant part à Pocky, qui à son plus grand étonnement m'écoutait sans rien dire. Nous sommes venus à reparler de Jim, et j'apprenais que ce dernier était en train de se séparer de son copain, plus âgé que lui, avec qui il vivait depuis 6 ans. Il tentait de préparer un concours pour devenir Steward, et voyageait souvent en Thailande, son pays de coeur. 3 étranges similitudes avec ma vie et mes aspirations qui ne faisait que renforcer mes doutes, et me conforter dans l'idée, que peut être, même avec un garçon de mon âge, je pourrais trouver des points communs forts intéressants.  A côté de combien de garçons intéressants étais je passé à côté avec pour seul critères bidons de l'âge ? Un frisson de frustration parcouru mon corps. Avais-je fais fausse route pendant si longtemps ? N'avais je recherché pendant toute ses années chez les hommes plus âgés la souffrance et l'absence de mon père lorsque j'étais enfant ? Pourquoi avais je mis autant de temps à le comprendre ? Petit à petit, des morceaux de vie vinrent se coller aux autres. L'immense puzzle des souvenirs prenait forme. Je cherchais dans le passé, là ou ça fait mal, là ou je n'avais pas voulu chercher... Au plus le tableau s'éclaircissait, au plus je pleurais.

Ma relation avec Enzo de 6 ans, ses 10 ans de plus que moi, ses absences répétées liées à son travail, n'avait finalement fait que conforter mes idées. Le schéma du père absent. Puis le sentiment d'échec lors de notre rupture : celui qu'aucun homme ne pourrait jamais m'aimer, même pas mon propre père.

Quand je découvrais cela. J'étais au fond.
Avant de les comprendre et de les digérer, je me suis laissé totalement couler.


Quelques jours plus tard. Ironie du sort et très certainement avec la plus immense envie de me prouver que j'avais tord je rencontrais Philippe, 42 ans. Grand. Brun. Musclé. Profession : Policier.

L'histoire semblait se reproduire.

 

En apparence....







 

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Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /2009 20:27

Samedi 31 janvier, je troquais un week-end habituel Marseillais contre une folle nuit à la  Villa Rouge de Montpellier. Dans la voiture en compagnie de Pocky je sentais mon coeur se vider au fil des kilomètres qui m'éloignait de Marseille. J'étais heureux, de me dire que le temps d'un instant nous allions évoluer sur un terrain inconnu. Pendant que je regardais à travers la fenêtre les lumières de la ville disparaître dans le rétro je me promettais presque sonnelenement de ne penser qu'a m'amuser et faire le vide. Après quelques détours, et malgré mon GPS qui annonçait de tourner à droite sur une ligne d'autoroute, nous avons fini par  trouver notre hôtel. Nous ne le savions pas encore, mais se serait le lieu de tous les vices cette nuit là. Pocky, Chris et moi prenons possession de la chambre, débouchons la bouteille de Vodka et quelques cigarettes. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai apprécié ce moment. Seuls, en lieux inconnus, c'est presque comme s'il fallait que l'on se donne du courage. Mais nos détours incessants pour arriver à l'hôtel ne nous ont pas laissé beaucoup de temps. Un couple d'amies arrivaient elles aussi à l'hôtel avec un garçon que je ne connaissais pas. Coïncidence, la chambre qu'elles avaient réservé se trouvait juste en face de la notre. Après les embrassades et la présentation de leur ami Jim, il était temps de passer aux choses sérieuses : il fallait que l'on montre aux garçons de la Villa Rouge comment on "agite les coeurs et le reste...". 

Après avoir joué des coudes sous la pluie, la Villa nous accueille avec toute la splendeur que je peux lui trouver. Le bar central est surplombé d'un podium ou déjà dansent des hommes torse nu.  De part et d'autres suspendues au dessus du bar d'immenses branches s'étendent dans le vide. Elle sont recouvertes de lampions et de neige... Une immense statue les mains jointes semble surveiller nos faits et gestes dans un arrière plant illuminée rouge sang. Le sensation est limite oppressante, son regard me toise, et je sais déjà que je vais prendre un malin plaisir à la narguer. La musique pulse déjà dans mon coeur, elle glisse avec les derniers traits de Vodka dans mon sang. L'inhibition n'est plus très loin. 
Des projecteurs quadrillent la boite de nuit; leur ballet incessant au dessus de nos têtes me donnent l'impression d'être dans une scène de Queer As Folk. Irréaliste. Les bras se lèvent et les corps se cherchent sans retenues. Chaque effleurement de peau des garçons que je croise provoque une étincelle, un frisson dans ce qu'il reste de mon coeur trop froid. 

Nous prenons place dans le carré, assis sur des fauteuils en velours rouge ou des "putaines"  sautent dessus habillé en  D&G,  elles me font rire. Les lettres VIP scintillent au dessus de nos têtes, dans nos yeux l'ivresse. Nous nous melons à la foule. Dansons toute la nuit sous les canons à neige. Une pluie de paillettes recouvre nos corps. Nos cheveux et nos cils brillent, les mains se cherchent sous l'incessant jeux de lumières. Jeu de regards et de lèvres entrouvertes. Les garçons de Montpellier sont certainement les plus beaux et les plus envoûtants... ce soir là dans leur regard je lis énormément de chose mais ne m'accorde que quelques  danses collées  sur le podium avec un soit disant "hétéro" dont le déhanchement du bassin invite à approfondir le mystère...

La nuit se termine comme ça, à danser jusqu'à ce que les projecteurs s'éteignent sur le Podium, verre de Vodka et cigarettes à la main...  Le chemin du retour vers l'hôtel est extremement brumeux. Les filles et Jim viennent dans notre chambre pour finir la deuxième bouteille... avec quelques cigarettes spéciales... Commence alors des fous rires incontrôlables.. je me sens bien... forcément j'ai un peu chargé... Il y a dans mes rires, un écho qui me fait chaud au coeur. Je vis. Comme je peux. Je ris sans lui. Les regards doucement se vident de ce qui nous restait d'énergie et d'envie. Les têtes se posent les unes contre les autres. C'est finalement vers 9 heures du matin que le programme de la nuit est un peu chamboulé. Pocky qui devait dormir avec moi se retrouve sur le lit superposé... et moi... au lit avec deux garçons juste en dessous. Les autres filles regagnent leur chambre.

Jim vient se blottir contre moi alors je le prends dans mes bras et colle ma bouche dans son cou. Sa main glisse doucement... mes lèvres se pincent. Il se retourne. Nos bouches se cherchent. Ses lèvres sont charnues et humide. Elle glisse dans mon cou,  le moment est ultra sensuel... excitant... Dans le noir essayant de respecter le silence... j'ai du mal à retenir mes soupirs. Quand sa langue rejoint enfin la mienne, j'y découvre un piercing. Ma première fois. Pas désagréable, et contre toute attente  je me laisse tenter au jeu. Pendant une petite heure... s'enchaîneront avec Jim de tendres câlins.

Nous allions bien vite être interrompus. Dans les couloirs des voix se font entendre.
Des cris. Des plaintes.
Puis des points qui frappent contre la porte.

A cet instant précis, Pocky, Chris, Jim et Moi étions bien loin de nous imaginer ce qui nous attendait derrière la porte....












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